La prise de décision

la prise de décision 1« On ne choisit pas en conscience de s’arrêter à un feu rouge ou d’éviter un obstacle sur son chemin… On intervient par réflexe si un enfant traverse la rue tout seul … ». La vie nous offre de multiples exemples où la décision que nous prenons n’est pas « réfléchie ». Et en même temps, combien de fois pesons-nous le pour ou le contre avant de prendre une décision « importante » ?

L’inconscient pilote-t-il au mieux notre prise de décision ? Où les meilleures décisions sont-elles prises inconsciemment ? Une fois analysées, les décisions prises inconsciemment, sont presque toujours justes, en fonction des paramètres qui président à leur exécution. Alors à quoi sert l’intelligence ?

 

Comment prendre une décision ?

Si des mécanismes inconscients et une large palette d’émotions occupent une place centrale dans le processus de décision, la nécessité de solliciter le cerveau en « pleine conscience » (mobilisation de « l’intelligence ») s’avère une nécessité pour tout être humain. Qui n’a jamais pris que des décisions inconscientes ou par réflexe sans ressentir un malaise au final ? C’est un aspect encore méconnu du cerveau humain qui explique comment un individu – qu’il soit homme politique, chirurgien, patron, étudiant ou simple commun des mortels – peut prendre des décisions parfois tout à fait incohérentes, ou être simplement incapable de décider quoi que ce soit. Parce qu’il est impossible d’accumuler les décisions, de les prendre dans l’urgence et de façon répétée sans en payer un tribut d’autant plus lourd qu’on n’en a pas conscience, au contraire de la fatigue physique ordinaire. Mis à rude épreuve, le cerveau ne sait plus comment répondre à la demande.

 

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Décider, une affaire de volonté ?

La prise de décision, si elle est consciente, implique nécessairement de choisir les paramètres personnels qui vont conduire au choix de telle ou telle option.

Si choisir demande de l’intelligence, décider exige surtout de la volonté !

Ce qui déclenche l’un ou l’autre de ces deux mécanismes: soit prendre des risques et agir de façon impulsive, soit ne plus prendre de décisions et essayer de gagner du temps, en sachant qu’à un moment « une » décision sera à prendre, est encore méconnu. Si la prise de décision crée de la fatigue, ce que l’on peut constater en revanche le plus souvent, c’est que ne pas décider finit par créer des problèmes encore plus grands dans la vie. Alors sommes-nous libres de nos choix ou menés par notre inconscient?

La question est loin d’être tranchée. Philosophes et psychanalystes divergent sur ce point :

  • Pour la philosophie la liberté de choisir notre vie et d’accéder par là au bonheur, peut créer les conditions de notre propre malheur en prenant de mauvaises décisions, dictées par des désirs qui nous gouvernent et nous malmènent, et qui ne sont en aucun cas inconscients.
  • Pour la psychanalyse les mauvaises décisions que nous prenons sont généralement liées à un événement essentiel de notre histoire qui, souvent, se rencontre dans notre enfance. Cet événement obscur est parfois raconté, parfois tu. Il peut être grave (un décès, une séparation…) ou anodin, mais il est toujours marquant. Il pèse sur nos décisions dans les moments cruciaux de notre vie personnelle et professionnelle.

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Au final quelle distinction opérer entre j’ai « choisi » (mobilisation de la pleine conscience) et j’ai « décidé » (mobilisation de l’inconscient nous invitant à l’action) ? Choisir demande de l’intelligence, décider surtout de la volonté. Cependant l’intelligence ne suffit pas sans le secours de notre volonté. Ce que nous avons en nous d’infini, ce que nous pouvons déployer sans limites, c’est la volonté, et non l’intelligence. Décider c’est ainsi vouloir plus qu’on ne sait ! Si nous attendons d’être sûrs pour agir, nous ne le ferons jamais. Comme l’écrit le philosophe Alain, « le secret de la décision, c’est de s’y mettre ». 

 

 

Comment accompagner vers la prise de décision ?

Le processus décisionnel s’envisage selon l’emboîtement de trois principes clés :

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  • Comment nous mettons au point des solutions pour résoudre des problèmes lorsque nos émotions sont présentes, avec plus ou moins d’intensité ?
  • Comment nous pouvons développer notre sens de la réalité en étant le plus objectif possible et en « voyant » les choses comme elles le sont ?
  • Comment nous contrôlons nos impulsions avant d’envisager toute action ?

L’objectif de l’accompagnement est d’arriver à trouver le juste équilibre entre l’impulsion et la réflexion, à positionner son curseur personnel entre ses deux pôles afin de prendre la « juste » décision au regard de sa personnalité et de ses intentions.